Pourquoi j’ai créé Papa Malgré Tout
J’ai connu plusieurs deuils périnataux. Coup sur coup.
Ces quelques mois de ma vie ont été les plus éprouvants que j’ai jamais vécu. Le sentiment d’être décalé, perdu, rendait difficile le fait d’appréhender ce qui nous arrivait. J’étais touché, profondément, sans savoir comment le comprendre, l’exprimer ni à qui en parler.
Je ne savais pas vraiment quelle place ma peine pouvait prendre. Car, comme la majorité des hommes, l’attention se portait sur ma compagne et ses besoins, et bon gré mal gré, j’ai géré du mieux que j’ai pu, avec mes forces et mes faiblesses.
Avec le recul, ce qui m’a le plus manqué n’était pas une réponse parfaite ou une attention de tous les instants. C’était juste un espace où je pouvais comprendre que ce que je ressentais avait le droit d’exister, que c’était normal d’être en souffrance et que je n’avais pas à me juger d’être tout simplement humain.
Papa Malgré Tout est né de ce manque.
J’ai créé cet espace à partir de ce que j’ai vécu, mais aussi à partir de ce que je n’ai pas trouvé lorsque j’en aurais eu besoin.
Cet accompagnement n’est pas là pour pas raconter l’expérience de tous les pères. Les circonstances, les liens, les réactions et le temps du deuil sont différents pour chacun. Mais je sais aussi que le silence et l’isolement peuvent devenir lourds lorsqu’on ne trouve ni les mots, ni l’endroit, ni la personne à qui les dire.
J’ai donc voulu créer un espace qui puisse offrir cela : des mots quand ils manquent, des repères quand tout devient confus, et la possibilité de ne pas rester seul avec une expérience qui peut être très difficile à partager.